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quinta-feira, 5 de março de 2015

LE MONDE A LA FENÊTRE
*
Les vieux savent bien
Combien la vie est dure
Savent  le prix du pain 
Le prix des blessures
Certains ont perdu un fils un mari
Ont quitté leur campagne leur pays
Sont devenus des étrangers
Dans le regard d’autrui
Le pain dur ils le partagent encore
Les blessures ont courbé leur corps
Le fils le mari sont bien là sur la photo jaunie
Solides et forts mais pas autant que la mort
Leur pays ils n’ont plus de pays ils ont peur
Leur pays c’est le monde qui saigne et se ment
Comme chaque jour les pigeons
Viennent partager le vieux pain
Font claquer leurs ailes
Comme un drapeau au vent
Ils dansent et voltigent 
Font allégeance à la façade grise
Le ciel immense est sans frontières
Sur la terre qui redeviendra  poussière
Les pigeons regardent à la fenêtre du temps
Le monde qui passe et qui  toujours  se ment
*

Les poésies du poly

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